jeudi 26 juillet 2007

Travail # 3

Aujourd'hui je n'utilise pas la nomenclature ni le ton habituel parce que je n'en ai tout simplement pas le courage. Parfois il est juste trop dure de prendre de la distance, de relativiser.

J'ai appris hier que mon recrutement, qui m'avait été présenté comme certain, ne l'est en réalité pas du tout. Je viens de passer deux semaines où je commençais à croire que j'avais à nouveau un avenir, où je me suis dit que mon errance allait cesser et que j'allais enfin avoir l'opportunité de prouver ma valeur.

Tout ça pour réaliser que le processus de recrutement est revenu en arrière et qu'il va me falloir à nouveau convaincre.

Pour être un peu plus claire il y a quelques semaines la directrice de l'agence m'a fait savoir qu'elle avait décidé de me recruter. J'aurais du me méfier parce qu'elle l'a fait par l'intermédiaire de la personne qui nous avais permis de nous rencontrer. Elle était alors en vacances et je me suis dit qu'elle me contacterai à son retour. Mais à son retour elle à voulu que je rencontre la personne avec qui je devrais travailler pour voir notre comptabilité, rien d'étonnant à cela. Le problème c'est que l'entretien s'est avéré être un véritable entretien d'embauche avec questions bateau, cette fille recherche quelqu'un d'opérationnel immédiatement pour se décharger de son travail. Je n'ai pas d'expérience dans ce secteur et je ne l'ai jamais caché et c'est en partie mon profile atypique qui a séduit le directrice de l'agence. Mais la personne que j'ai rencontré hier ne recherche pas du tout ça elle veut quelqu'un qui puisse servir et tout de suite. Je me suis laissée un peu déstabiliser, le ton de l'entretien n'était pas celui auquel je m'attendais et je ne peux pas m'inventer d'expérience. Je me retrouve avec des devoirs à faire pour cette jeune femme. Je n'ose même pas imaginer sa retranscription de notre entretien, elle n'a aucun intérêt immédiat à ce que je sois embauchée puisqu'elle devra se farcir ma formation.

Je me sens un peu trahie, très lasse et désabusée. Les gens ne se rendent pas compte de ce qu'ils font subir aux autres. Ceux qui ne l'ont pas expérimenté ne peuvent pas comprendre la portée destructrice du chômage, les doutes qu'il engendre, la manière dont il dissouts le temps, comment il vide en partie la vie de sa substance et prive celui qui le subit d'une partie de sa dignité et de ses droits, combien on se trouve faible et à la merci du bon vouloir des autres, les espoirs auxquels succèdent les déceptions et les grands moments d'abattement, ces moments on en a plus envie d'y croire ni de se battre... si les gens savaient peut être se comporteraient-ils un peu autrement.... ou peut être pas.

Bande originale:
Les Kills
Loser de Beck

Lecture originale:
Du John Irving, du Paasilinna, du Riel, du Vonnegut .... pour se rappeler l'absurdité de la vie, que nous sommes une race aux moeurs étranges et barbares et qu'il faut savoir en rire.

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